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Souvenirs de voyage

Quand je revisite de temps à autre les pages du blog, j’ai l’impression de feuilleter le journal d’une autre époque. La réalité d’hier semble si loin. Beaucoup de désastres écologiques se sont abattus en de nombreux endroits où nous étions passés. San Francisco, São Paulo, Sydney ont toutes les trois suffoqué sous les fumées acres des incendies qui dévoraient les forêts, donnant lieu à des photos aux ciels orange semblant sortis d’un film de science-fiction, si éloignés des ciels bleus que nous avons connus. Certains lieux verdoyants que nous avons visités, notamment en Australie, sont devenus des paysages de cendres, cimetières d’une faune décimée. La tension politique a continué de monter dans de nombreuses régions du globe. Santiago ou La Paz ont connu des épisodes violents, jour pour jour, un an après notre passage. Pourtant, tous ces événements ont eux-mêmes été balayés par ce que nous vivons depuis un an. Les frontières se sont refermées, les voyages sont devenus impossible à planifier. On s’est habitué aux visages masqués dans les rues…

Etant donné la morosité du quotidien, je me suis dit qu’il était bien de laisser en ligne ce journal qui donne l’occasion de revisiter quelques lieux magiques. Je viens de procéder à une opération délicate en transférant le site chez un nouvel hébergeur qui prend davantage en considération les questions climatiques (serveurs basse consommation, data centers climatisés par convection naturelle, recyclage du matériel informatique…). Je recommande cette société suisse dont le nom est mentionné dans les Mentions légales. C’est un autre aspect des évolutions opérées. Etant donné que le site a vocation à rester en ligne, je l’ai mis en conformité avec la législation en matière de confidentialité et de gestion des données (vous avez dû notamment voir la bannière relative aux Cookies en vous connectant). Pour les utilisateurs rien n’est changé. Les personnes abonnées le restent.

Ceci étant, je pense que je ferai peu évoluer le site à l’avenir. Il est un peu comme un livre dont je referme la dernière page. En revanche, j’envisage prochainement de créer un nouveau site dont le thème n’est pas encore arrêté qui sera davantage axé sur la photographie. Une alerte sera publiée sur ce blog.

A bientôt donc…

Une année sur la route

Que retiendrai-je de cette année de voyage en famille? Qu’est-ce que le temps, qui efface progressivement les souvenirs, me laissera comme images inoubliables? Quelles impressions survivront dans ma mémoire? J’ai le sentiment qu’il est difficile de répondre à ces questions. Les photos seront là comme des petits cailloux jalonnant le chemin du temps écoulé. Mais les émotions seront-elles aussi fortes ou se dissiperont-elles inexorablement? Est-ce que cette année m’a changé, nous a changés?

Nous avons vécu une année exceptionnelle. Aucun problème sérieux n’est venu obscurcir notre route. Ni maladie, ni perte d’objets, ni violences… Dans l’ensemble, nous avons rencontré des gens accueillants. Les endroits où l’accueil a été plus froid ont été rares. Nous avons vu des lieux extraordinaires et je me souviens de grands moments d’émotions. Je crois l’avoir déjà écrit ; j’ai également beaucoup aimé le temps passé en famille. Je me souviendrai assurément des moments consacrés aux cours. Les filles m’ont surpris par leur calme, leur capacité d’adaptation et leur aptitude à relativiser les petits désagréments du voyage.

Vivre une année sur la route avec un gros sac à roulette et un petit sac à dos comme seuls bagages nous fait prendre conscience que nous encombrons nos vies de nombreux objets superflus. Cette expérience, si elle comporte sa part de contraintes, fait naître un profond sentiment de légèreté. Les préoccupations du voyage se résument essentiellement à trois questions : comment se déplacer? Où dormir? Comment se nourrir? Si on est en capacité de répondre à ces trois questions alors tout va bien! Et par la force des choses, on apprend vite à relativiser les imprévus. Dans un voyage comme celui-ci, il n’est en effet pas possible de tout maîtriser. Et donc, on apprend à s’adapter tout en devenant plus insouciant.

Si le budget a été bien calculé, on comprend vite qu’il est aisé de trouver des réponses aux trois questions essentielles évoquées ci-dessus, avec les outils de communication disponibles de nos jours. Faire un tour du Monde n’est pas une aventure comme cela pouvait l’être il y a 30 ans. Au cours de cette année, j’ai pris un peu plus conscience de la réalité du concept de village global. Même si on observe des différences de culture, de traditions d’un pays à l’autre, il existe bel et bien un socle commun, que l’on nommera modernité ou mondialisation ou numérisation, qui permet de ne jamais être complètement perdu. Cela facilite la vie du voyageur. Mais peut-être est-ce dommage car il perd un peu du sel du voyage?

C’est un lieu commun : l’argent fait tourner le Monde. Au cours de cette année, nous avons mesuré les différences de richesse qui existent d’un pays à l’autre ou à l’intérieur d’un même pays. Je n’oublierai pas la pauvreté extrême ou les misères rencontrées dans les Andes, dans les rues de San Francisco, au Cambodge, ou dans le coeur rouge de l’Australie.

Durant ce voyage, je ne voulais pas me contenter d’une position seulement contemplative. Je tenais à être acteur de ce moment pour partager, pour en conserver des traces, pour en faire un temps de réflexion. J’ai pu me livrer à la photographie comme jamais auparavant. Le blog a été ma discipline, mon rendez-vous quasi quotidien avec l’écriture. Bien sûr, il a nécessité un effort constant mais la satisfaction recueillie en a été que plus grande. J’en profite d’ailleurs pour remercier les lecteurs actifs ou silencieux qui ont suivi ce récit.

L’organisation du voyage au fil de l’eau, les visites, la photographie, le temps consacré au blog, les cours faits avec les filles, ont empli une bonne partie de mes journées. Mais il me restait encore du temps pour lire et réfléchir. J’ai beaucoup lu. J’ai réfléchi. Je peux le dire maintenant ; j’ai changé. Etrangement, alors que nous faisions un voyage avec de nombreux vols en avion, j’ai senti naître progressivement en moi une nouvelle conscience écologique. Cela peut paraître facile à dire maintenant. Mais si j’avais eu cette conscience écologique avant de partir, je n’aurais pas fait le voyage que nous avons fait. Entendez-moi, je ne veux pas dire que je n’aurai pas fait un tour du Monde. Je veux dire que je l’aurai fait différemment. Il n’est plus le moment d’y réfléchir et je ne me suis pas penché suffisamment sur la question. Mais probablement, aurai-je imaginé un tour du Monde avec le minimum de vols en avion, voire sans aucun vol. La traversée de l’Atlantique peut, par exemple, se faire en bateau. Bien sûr, cela aurait signifié visiter moins de pays, voyager plus lentement. Comme je l’écris, il n’est plus temps d’y penser maintenant. Ce qui est fait est fait.

Alors à la question “Est-ce que ce tour du Monde m’a changé?”, je pense pouvoir répondre que oui. Plus qu’auparavant, je prends une certaine distance par rapport aux événements. J’espère être davantage en mesure d’apprécier la réelle valeur des choses. Et puis surtout, cette conscience écologique qui m’accompagne désormais a profondément changé mon regard sur le Monde.

 

Tbilissi, une belle capitale

Si nous avons été un peu inquiets des événements qui ont précédé notre arrivée en Géorgie, nous avons vite été rassurés par le calme qui régnait dans la ville. Tbilissi accueille une population cosmopolite et est une ville ouverte sur le Monde. Notre séjour a été servi par un temps ensoleillé, parfois chaud. Nous avons pris beaucoup de plaisir a déambulé dans les rues de la ville. Notre tour du Monde s’est terminé sur une très belle note.

 

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