Catégorie : Etapes

5 jours à Tbilissi

La capitale géorgienne a donc été la dernière étape de notre tour du Monde. Nous sommes arrivés très tôt le matin après un vol de seulement une demi-heure depuis Erevan. Nous aurions pu choisir la voie terrestre. Mais il fallait compter environ 7 heures de route. Nous avions loué une nuit de plus à Tbilissi pour disposer de notre appartement dès notre arrivée. A 7 heures, nous étions dans notre nouvelle location. Et nous nous sommes recouchés à peine arrivés…

L’appartement était situé avenue David Aghmashenebeli sur la rive gauche du fleuve Koura (débouchant en Azerbaïdjan sur la Caspienne). C’est une très belle avenue bordée de petits immeubles au style néo-classique rappelant fortement certaines avenues de Saint-Pétersbourg. Notre appartement, à l’allure de loft d’artiste, était au dernier étage d’un immeuble réhabilité.

Quelques heures après notre arrivée, nous sommes partis à la découverte du quartier. Nous avons immédiatement été saisis du fort contraste avec Erevan. Autant à Erevan, nous avions l’impression d’être dans une ville très fermée avec une population austère, froide et désagréable. Autant à Tbilissi, nous avons eu le sentiment de découvrir une capitale moderne, ouverte sur le Monde. Les gens avaient un comportement normal avec nous. Ils nous croisaient dans la rue sans se retourner sur nous ou nous jeter des regards noirs. Dans les commerces, les gens nous disaient “bonjour”, “au revoir”, “merci” et même nous souriaient parfois. Tout cela paraît sans doute normal. Et pourtant nous avons été surpris après la froideur rencontrée dans le pays voisin.

Tbilissi est une très belle ville qui donne une impression de dynamisme, mélange d’un important patrimoine historique et de bâtiments modernes à l’architecture élégante. Les bords du fleuve sont joliment aménagés.

 

6 jours passés en Arménie

Erevan a été la première étape de notre court séjour dans le Caucase, entre Arménie et Géorgie. Après un voyage de 24 heures un peu éprouvant pour sa longueur, mais finalement confortable dans les avions d’Aeroflot, nous sommes arrivés à Erevan à 1 heure du matin. Nous avions demandé à notre hôte de nous organiser un transfert depuis l’aéroport jusqu’à l’appartement car c’est un luxe appréciable de savoir que quelqu’un nous attend quand nous arrivons dans un nouveau pays, surtout quand c’est en pleine nuit.

Les bagages récupérés, nous nous sommes dirigés vers la sortie. Nous attendait un homme pas très rassurant de prime à bord, trapu, les cheveux presque rasés, avec des tatouages sur tout le corps jusqu’au visage. Il était accompagné d’un acolyte, grand et mince. Les deux, ensemble, donnaient l’impression d’être des hommes de main de la mafia locale. En fait, le premier était notre hôte, Eric. Il nous a accueillis avec le sourire et nous a mis à l’aise tout de suite. Après 20 minutes de route, nous avons découvert le superbe appartement où nous allions loger, nous sommes allés au supermarché en bas de l’immeuble (ouvert 24h sur 24) pour acheter quelques boissons et de quoi faire un petit-déjeuner le lendemain et puis, à notre grand soulagement, nous nous sommes allongés pour profiter d’un sommeil réparateur.

Le lendemain en nous levant, nous avons découvert la superbe vue sur la cathédrale Saint-Grégoire, située à 50 m de l’immeuble. Le temps était ensoleillé. Notre façade étant exposée à l’ouest, la cathédrale était illuminée de la douce lumière matinale. Derrière elle, un large panorama de la ville en terrasse d’Erevan s’offrait à nos yeux. Et au fond, nous apercevions le mont Aragats enneigé (4090 m). Erevan se situe elle-même à peu près à 1000 m d’altitude. Notre appartement était magnifique, bien équipé et nous bénéficions d’un support permanent du staff de l’immeuble : une jeune fille présente toute la journée pour nous donner des conseils, Eric qui passait de temps en temps, les gardiens en bas de l’immeuble. Tous étaient souriants, sympathiques et dévoués.

Malheureusement, ce sont à peu près les seules personnes sympathiques que nous ayons rencontrées durant notre séjour. Je me rappelle encore de trois dames souriantes à l’accueil du musée de l’Arménie et encore une autre à l’entrée du mémorial du génocide arménien. Et voilà, c’est à peu près tout. Pour le reste, je ne me pas rappelle pas d’avoir été dans un lieu avec une telle impression désagréable d’être persona non grata. Dans la rue, dans les supermarchés, à l’entrée des musées, dans les églises, au restaurant, dans les transports, les gens nous toisaient avec des regards scrutateurs et ouvertement hostiles. Répondre à ces regards noirs par des sourires ne changeaient en rien leur attitude. Même les filles s’en sont rendues compte. Pas de sourire, mais pas de “bonjour”, de “merci”, ni de quelque mot que ce soit, juste une attitude glaciale. Quelle en est la raison? J’avoue l’ignorer totalement. Pourtant, partout la relation forte entre l’Arménie et la France est vantée. Charles Aznavour, le franco-arménien, est un héros national. J’ai pensé un temps que c’était leur façon d’être y compris entre eux. Mais au bout du compte, je pense qu’il y a autre chose. Est-ce une fermeture de principe à tout ce qui vient de l’étranger et aux touristes? Est-ce une souffrance par rapport à leur histoire dont ils n’arrivent pas à se départir? Est-ce de la jalousie? Cela reste un mystère à mes yeux. J’ai beaucoup aimé la ville d’Erevan et la campagne alentour que nous avons eu l’occasion de visiter en voiture. Mais cette attitude des arméniens nous a un peu gâché le plaisir. Je me rends compte qu’en écrivant ces lignes, je peux blesser certaines personnes qui les liront. Je m’en excuse par avance auprès d’elles. Malheureusement, la sincérité de ce que j’écris est réelle. Et cela m’attriste.

Evidemment, après le Japon où les gens étaient aussi aimables et souriants, cela a été un choc. Mais nous avons fait contre mauvaise fortune bon coeur, en nous intéressant à la ville et au pays. Heureusement, en rentrant de nos escapades nous retrouvions le staff charmant de l’immeuble ainsi que notre très bel appartement.

La ville n’est pas très grande. Nous avons emprunté plusieurs fois le métro pour nous rapprocher des centres d’intérêts, situés à une ou deux stations de chez nous. Le métro date de l’époque soviétique. Il ressemble dans sa conception aux métros de Moscou et Saint-Pétersbourg, mais en beaucoup moins luxueux. Sa construction a été terminée dans les années 80. Mais, il semble avoir été construit au début du siècle dernier tant il est vétuste, bruyant, humide. Les filles riaient beaucoup avec les escalators extrêmement rapides, les plus rapides que je n’ai jamais vus.


Vue sur la cathédrale Saint-Grégoire depuis notre appartement, matin


Vue sur la cathédrale Saint-Grégoire depuis notre appartement, début d’après-midi

 

Tokyo

L’ère urbaine de Tokyo compte près de 43 millions d’habitants, ce qui fait d’elle la plus grande mégapole du Monde. Au recensement de juin 2018, la population de Tokyo même atteignait 13,8 millions d’habitants. Les images associées à la ville sont généralement celles d’une ville ultra-moderne, d’un urbanisme effréné, de tours enchevêtrées, de rues et de transports en commun surpeuplés. J’ai été surpris de découvrir une ville différente et bien plus complexe. Dans l’ensemble, la ville est plutôt calme et presque silencieuse en comparaison des villes d’Asie du sud-est. Elle ne compte qu’une vingtaine d’immeubles dépassant les 200 mètres et seulement deux structures au-dessus de 300 mètres : la tour de Tokyo (forme de Tour Eiffel de 322 m de haut construite entre 1957 et 1958), et la Tokyo Sky tree (qui est une tour d’observation de 634 m inaugurée en 2012). Sorti des quartiers d’affaires et du centre, l’habitat est plutôt de taille modeste. Par exemple, dans le quartier où nous sommes, les immeubles dépassent rarement 3 niveaux et l’habitat est constitué principalement de maisons de villes, les rues sont étroites et on croise beaucoup plus de personnes à pied ou en vélo que de voitures. En outre, les tokyoïtes ont la chance de disposer de nombreux espaces verts dans le centre de la ville.

Sur le plan culturel, Tokyo a su préserver un riche patrimoine. La ville qui se dénommait auparavant Edo (« porte de la rivière », en référence à la rivière Sumida qui la traverse), est devenue capitale au début de l’ère Meiji (1868), lorsque l’empereur décida de s’y installer. Elle prit le nom de Tokyo signifiant “capitale de l’est” par opposition à Kyoto, l’ancienne “ville capitale”. Sans atteindre la richesse architecturale de Kyoto, Tokyo compte aussi de beaux exemples de temples japonais, shintoïstes ou bouddhistes, qui montrent l’attachement des tokyoïtes à leur histoire et à leurs traditions. Evidemment, Tokyo dispose de nombreux musées, ce qui nous aura permis d’occuper les quelques journées pluvieuses de notre séjour. Mais je ne serai pas complet, si je ne parlais pas des robots et des mangas. Ils sont très présents sur les panneaux publicitaires et dans les vitrines des boutiques. Cette fascination pour ces objets kitsch restent à mes yeux un mystère tant ils tranchent avec la sobriété et même l’austérité de la culture japonaise classique. Peut-être est-ce une forme de réaction vis-à-vis de la pression sociale qui pèse sur les individus en matière d’image, confinant à une forme de conformisme.